dimanche 14 octobre 2007

Rire au creux de la balançoire

Depuis que je l'ai découvert, je me suis rendue tous les jours à ce petit parc. C'est un havre de bonheur au milieu des briques et du béton. Je dirais que c'est un peu comme un cheveu unique sur la tête d'un chauve.
Ma soeur était enchantée par le récit que je lui ai rapporté le soir où elle est venue dîner à la maison, et principalement, par la rencontre que j'ai faite avec le marchand de marrons chauds.
Elle a tout de suite répliqué que son identité véritable était celle d'un esprit veilleur du parc. Ma foi, c'est possible. Je suis retournée plusieurs fois lui parler, nous sommes devenus très amis. Il a une connaissance étendue sur les arbres et les plantes, il m'a également complimentée pour mon (maigre) savoir dans ce domaine. Je lui ai répondu que c'était normal car j'avais habité quelques années à la campagne. Il a rigolé en affirmant que j'avais effectivement un rire campagnard... A cela, nous avons ri tous les deux. Une ribambelle de "Hahaha!!" s'échappait de notre gosier, on aurait dit une envolée d'aigrettes se détachant du pissenlit qui aurait germé dans le ventre.

Ensuite, je me suis installée sur le banc. J'ai consigné sur mon calepin toutes les notes que ce parc m'avait inspirée. Les enfants, intrigués, tentaient de savoir ce que j'écrivais en me regardant avec des grands yeux ronds, des yeux teintés de curiosité. "C'est juste un rapport que je remettrai à vos parents , leur ai-je répondu avec mon air le plus sérieux possible, j'inscris le nom de ceux qui n'ont pas été sages."
Alors un garçon du groupe s'est éloigné du banc en courant puis il s'est retourné en tirant la langue "Bouh! La sorcière rousse !" a-t-il lancé en guise de provocation. Je me suis lancée à sa poursuite, nous avons couru tous les deux autour du parc, les rires ont fusé autour de nous, des milliers d'aigrettes, pures et innocentes, se sont envolées encore, en tournoyant lentement sous le vent léger.

A la fin, j'ai acheté un énorme ravier de marrons chauds que j'ai partagé avec les enfants éreintés par cette folle journée.